En milieu de semaine dernière, un de nos clients suédois, Torgny Johnsson, est venu visiter notre plantation de Nyongoro par ses propres moyens. Depuis 2015, le Ministère des Affaires Étrangères a déconseillé de voyager dans cette région du Kenya, à cause de la situation avec Al-Shabab se trouvant à la frontière entre le Kenya et la Somalie. Voici le récit et les images de cette visite.

Nyongoro est une région du nord-est du Kenya où nous avons commencé à planter des arbres en 2012. Nous avons ensuite signé un accord avec la Société Wity-Nyongoro Ranching Society qui nous loue 21.500 hectares de terre pour la plantation du Makau.

Torgny est un de nos clients suédois qui passe le plus de temps en Afrique. Il a voyagé dans toute l’Afrique de l’Est et de l’Ouest, en moto et en tant que guide pour les agences de voyage.

Mercredi 25 Novembre 2018, il est parti de Malindi sur la côte pour aller jusqu’à la plantation, Voici son récit posté sur Facebook. Publié ici avec sa permission.

Mon voyage dans le Nord du Kenya, là où le Ministère des Affaires étrangères nous déconseille d’aller!

Beaucoup d’entre vous savent que je suis un passionné de Better Globe. C’est une entreprise d’exploitation forestière au Kenya, en Ouganda et maintenant en Tanzanie aussi. Qui propose des bénéfices qui semblent trop beaux pour être vrais!

Comme j’ai investi pas mal ces dernières années, et que je travaille comme ambassadeur (vendeur) pour eux, j’ai pensé que le mieux serait d’aller les voir sur place, non? Better Globe organise des voyages annuels pour les clients mais j’ai préféré organiser mon propre voyage.

Donc, après plusieurs semaines d’échanges par mail, nous avons fixé une date. Je suis habitué à voyager avec une petite moto, pour parcourir l’Afrique et j’ai dû en louer une car j’ai vendu l’ancienne. J’ai dû payer 8€, ce qui est le double comparé à ce que les Africains payent. Voilà comment le racisme fonctionne là-bas. Si vous êtes blanc, c’est plus cher! C’est fatigant.

La moto que j'ai louée pour aller à Nyongoro. Photo: Torgny Johnsson.
La moto que j’ai louée pour aller à Nyongoro. Photo: Torgny Johnsson.

Je suis parti à 8:30 de Watamu, après avoir changé la batterie et la lumière arrière. J’ai J’ai lentement traversé le paysage en direction du nord. Le Ministère des Affaires Étrangères déconseillent de voyager dans cette zone du pays. La présence d’Al-Shabab est trop forte. La semaine dernière, ils ont enlevé un Italien de 23 ans qui travaillait comme volontaire dans un orphelinat, seulement à 35km de là où je me suis arrêté au bar. J’aurais pu me sentir inquiet, mais bon, j’ai déjà pris ma décision!

La route de Malindi à Nyongoro selon le GPS du téléphone. Photo: Torgny Johnsson
La route de Malindi à Nyongoro selon le GPS du téléphone. Photo: Torgny Johnsson

En avant ! Il fait beau et le soleil brille. Après Malindi, je passe le premier contrôle de police. Ils semblent très préoccupés quand je leur dis où je me rends. Cependant, ils me laissent partir et ne me demandent pas de pourboire. J’aurais refusé de toutes façons car j’ai des principes. En général je menace en disant : « Enfermez-moi ! Je m’en fous! ». Ils se refroidissent car ils n’ont pas du tout envie de m’amener au commissariat. S’ils le faisaient, ils perdraient l’argent des pourboires qu’ils peuvent gagner en restant à leur poste de contrôle.

Je voyage à 60-70km / h et profite du voyage. On voit de moins en moins de maisons et d’habitants. On peut rouler une demi-heure sans voir personne et sans croiser de véhicule. Les paysages sont de plus en plus pauvres. Il y a de plus en plus de musulmans au nord. Arrive le prochain contrôle de police. J’arrive à semer la confusion en disant que c’est un voyage d’affaires. « Ok, où est votre visa de travail ? », « qu’allez-vous faire à Nyongoro? Ce n’est pas possible que vous voyagez tout seul sur la route. » « Vous ne savez pas que c’est très dangereux ici! » Je leur fais remarquer que j’ai un rendez-vous!

Finalement, ils abandonnent et je continue jusqu’au village de Maleli, où 4 personnes ont été décapitées par Al-Shabab le 18 août dernier. Au croisement entre Garissa et Lamu, je choisis la route de Lamu. L’Université de Garissa a été attaquée en 2015 par Al-Shabaab et 148 chrétiens se sont fait tuer et 79 blesser.

Un terrible évènement qui apparait à peine dans la presse internationale, parce que les attaques terroristes de Paris occupent tout l’espace médiatique. Les Kenyans ont l’impression que le monde se fiche d’eux, comme s’ils valaient moins. Je les comprends.

Sur cette route, j’ai vu apparaître un contrôle de police plus important. Les officiers armés jusqu’aux dents. Ils m’ont regardé avec étonnement et je leur ai répondu avec obstination que je voulais continuer mon voyage, et je suis reparti sur la moto avec leurs avertissements me bourdonnant dans les oreilles. Sur cette fin de parcours, j’ai vu beaucoup de babouins, des oiseaux magnifiques et d’autres animaux.

Wallace est  venu chercher  Torgny un petit peu en dehors de la plantation  Photo: Torgny Johnsson
Wallace est venu chercher Torgny un petit peu en dehors de la plantation Photo: Torgny Johnsson

Je pensais que Nyongoro était un village mais je me suis rendu compte trop tard qu’il n’y avait rien là-bas. Juste un croisement. Après avoir parlé avec un ouvrier de la voirie, je me suis rendu compte que j’avais conduit beaucoup trop loin. Je devais faire demi-tour. J’ai appelé mon contact qui est venu me chercher.

Les plantations de Nyongoro

Wallace est un gars super sympa. Il est le manager du site depuis 2016. Better Globe s’est installé ici en 2012. Ils sont au Kenya depuis 2006, dans plusieurs sites et en Ouganda. Jusqu’à présent, ils ont planté près de 2,2 millions d’arbres.

Vue depuis la plantation de l'école avec le lac de Moa en fond. Photo: Torgny Johnsson
Vue depuis la plantation de l’école avec le lac de Moa en fond. Photo: Torgny Johnsson

Nous arrivons sur le site qui est magnifique, situé à côté du lac Moa et forme un bassin fluvial. Nous saluons les autres responsables, Herman et Juma. Je signe le livre d’or et je suis le premier client à visiter les plantations depuis 2012, car les conditions de sécurité ont changé.

Wallace, Herman and Juma, superviseurs de la plantation de  Nyongoro. Photo: Torgny Johnsson
Wallace, Herman and Juma, superviseurs de la plantation de Nyongoro. Photo: Torgny Johnsson

Ils m’annoncent fièrement qu’il y a sur le site 52 employés permanents et 92 extras qui sont embauchés quand il y a besoin. Ils doivent gérer en général entre 70 et 100 travailleurs à tout moment. Le nombre maximum de personnel travaillant en même temps peut atteindre jusqu’à 144 Kenyans.

Nous nous dirigeons alors vers la pépinière où les graines sont préparées. Les graines, grandes comme des amandes douces, sont préparées en enlevant la pointe d’un côté et en pratiquant une petite incision avec une lame de rasoir sur un côté. Elles sont alors mouillées pendant une journée et ensuite plantées dans du sable mouillé.

Travailleurs du centre de formation de plantation  en train de semer des graines dans les rangs. Photo: Torgny Johnsson.
Travailleurs du centre de formation de plantation en train de semer des graines dans les rangs. Photo: Torgny Johnsson.

Dans les longues rangées sont semées 20 graines dans la largeur et 280 rangs dans la longueur. 5600 plantes au total. Elles y poussent pendant 7 à 10 jours environ. Elles sont ensuite déplacées vers l’étape 2. Les petites pousses sont ensuite plantées dans de petits conteneurs en fibres végétales avec de la terre spéciale qui est mélangée juste à l’extérieur. Elles sont laissées là pendant 2 semaines. Tout est recouvert de plastique pour contrôler la chaleur et l’humidité.

Pour l’étape nº3, tout le plastique est enlevé et les plants peuvent e s’habituer à l’environnement. Étape nº4, ils sont préparés pour la lumière directe du soleil. Arrosés et protégés, si le soleil brille trop ou si la pluie est trop forte. Ils n’ont toujours pas de fermeté et sont sensibles aux influences mécaniques. Ils restent ici pendant encore deux semaines avant qu’il ne soit temps de passer à l’étape suivante et finale.

Seedlings placed in direct sunlight to get used to the sun. Photo: Torgny Johnsson
Seedlings placed in direct sunlight to get used to the sun. Photo: Torgny Johnsson

Etape nº 5, exposition directe au soleil sans protection. Il est temps de partir vers le bois et commencer à grandir pour de vrai. La capacité du centre est de 30.000 plants par mois. Cependant, les conditions climatiques ne sont pas tout le temps idéal pour préparer des plants. La production est donc divisée en plusieurs étapes.

Juste au début des plantations.   Photo: Torgny Johnsson
Juste au début des plantations. Photo: Torgny Johnsson

Actuellement, ils ont 93.000 arbres en « stock » et un total de 412.000 arbres qui sont plantés sur 490 hectares. Chaque année, ils comptent les arbres manuellement et ensuite font un marquage de couleur sur les arbres, qui permet de mesurer la taille et la croissance. L’année prochaine, 390 hectares seront rajoutés.

La biodiversité a progressé

Nous traversons la route à trois motos. Voilà le début de la plantation. Il y a des arbres partout. Grands et petits. La vie animale est plus riche que sur la route pour venir ici. Ils ont récemment reçu deux nouveaux tracteurs et ils coupent l’herbe entre les arbres pour faciliter la croissance.

Ils coupent l'herbe avec les tracteurs pour faciliter la croissance.  Photo: Torgny Johnsson
Ils coupent l’herbe avec les tracteurs pour faciliter la croissance. Photo: Torgny Johnsson

Avant, tout le travail se faisait manuellement. Nous allons sur un gros réservoir d’eau qui a été déterré. Il est rempli d’eau du lac qui est pompée ici. Depuis le réservoir, l’eau est pompée jusqu’aux réservoirs positionnés dans toute la plantation.

Nous continuons et arrivons à la « vieille forêt ». Ils laissent certaines zones complètement intactes pour le bien de la faune dans l’espoir que toutes les variétés prospéreront et s’épanouiront.

Nous trouvons de l’ombre et j’ai le temps de poser des questions sur comment ils trouvent leur travail chez Better Globe ! Ils sont tous très satisfaits. On leur paie le salaire à temps. Ils ont une assurance santé. Le fondateur de Better Globe, Rino Solberg, est venu les voir la semaine dernière. Quatre fois par an, les dirigeants et tous les responsables de sites de Nairobi se réunissent pour faire part de leur situation et pour prendre part à la discussion sur les objectifs et les idées de l’entreprise.

Des arbres plantés en 2012, 2013 et 2014. Photo: Torgny Johnsson
Des arbres plantés en 2012, 2013 et 2014. Photo: Torgny Johnsson

Pour compléter notre visite, nous examinons quelques-uns des arbres plantés en 2013 et 2014. Ils coupent manuellement les branches qui dépassent du tronc, afin que le tronc soit plus droit et qu’il fournisse ainsi un meilleur bois. Quand ils atteignent quatre mètres de hauteur, ils cessent de les tailler et la couronne de l’arbre s’élève vers le haut en ligne droite, qui continue à croître en longueur et en largeur.

Nous entrons dans la forêt (c’est vraiment une vraie forêt) plantée en 2012. Je suis surpris. A l’intérieur, sous les branches, le climat est complètement différent. Plus frais, plus sain et plus humide. Complètement différent du climat sec semi-désertique qui m’a suivi tout le long de la route. Ils mesurent la quantité d’eau dans le sol et il est clair que, en plantant, cela aide à stabiliser l’eau dans le sol et prévient la désertification.

Bureaux et entrepôt de la plantation de Nyongoro. Photo: Torgny Johnsson
Bureaux et entrepôt de la plantation de Nyongoro. Photo: Torgny Johnsson

Nous retournons au camps de base et je pose des questions sur la sécurité. Ils expliquent que l’année dernière, Al-Shabaab a attaqué un bus juste à côté. Ils ont forcé les passagers à descendre du bus et ensuite ils les ont fait s’agenouiller et mettre leurs mains derrière leur cou.

Ils ont ensuite dit « Dites quelque chose du Coran ». Ceux qui sont encore en vie. Les autres ont été exécutés d’un tir dans le cou. Pratiquement 30 personnes. Je tiens à dire que aucun des travailleurs de Better Globe ont été affectés par les activités d’Al-Shabaab. Il n’y a aussi aucun problème de vol, saccage, à l’intérieur de la plantation.

Citerne pour stocker l'eau, entre autre, pour le centre de formation.  Photo: Torgny Johnsson
Citerne pour stocker l’eau, entre autre, pour le centre de formation. Photo: Torgny Johnsson

Je les remercie pour le temps qu’ils m’ont consacré et ils me disent de revenir. Je pense qu’ils ont apprécié le temps que nous avons passé ensemble autant que moi. Je suis vraiment très agréablement surpris par ce que j’ai pu voir en venant ici à Nyongoro. Maintenant, je ne peux qu’imaginer à quel point tout sera beau et vert dans 10-15 ans, quand tout aura grandi et que les forêts se seront étendues. Ensuite, la scierie sera prête et le bois sera coupé avant d’être vendu. Cela créera des emplois supplémentaires en Afrique, avant que le produit final ne soit expédié en Asie et en Europe.

Là ou les plantations commencent . Photo: Torgny Johnsson
Là ou les plantations commencent . Photo: Torgny Johnsson

Mon voyage de retour se passe sans aucun problème. Je m’arrête au village de Maleli pour manger et prendre de l’essence. On voit maintenant plus de gens sur la route et ils me regardent étonnés. Il n’y a pas un seul blanc ici. De nouveau, la police me demande pourquoi je conduis tout seul. Je suis peut-être un homme déguisé de al-Shabaab. Cependant tout se passe bien et j’arrive bientôt à Malindi où je retrouve un beau mélange de Musulmans et Chrétiens qui vivent côte à côte. On voit aussi beaucoup d’Italiens là-bas. Ils sont hyper présents dans cette région. Même à Watamu.

Je conduis le dernier tronçon dans le noir, et à un poste de contrôle de police, on m’a dit de rester, mais je pensais qu’ils parlaient de quelqu’un d’autre. Ils m’ont crié de revenir, mais j’ai fait semblant de ne pas les entendre et j’ai continué à accélérer. J’ai vérifié soigneusement dans le rétroviseur pour voir s’ils me poursuivaient, mais rien ne s’est passé. De retour à Watamu, j’ai pris une bière fraîche, dîné et rendu la moto.

J’ai bien dormi cette nuit-là. Ça a été une belle journée !


Commencez à investir votre épargne dans les arbres ou réservez une place pour notre webinar

Si vous souhaitez aussi vous joindre au projet et faire le bien, contribuer à un monde meilleur et gérer votre épargne de façon éthique, écologique, sur le long terme, cliquez sur le lien ci-dessous.

.

N'hésitez pas à consulter notre site Web pour en savoir plus, si vous avez d'autres questions. Nous avons une page FAQ avec les 50 questions les plus fréquemment posées, et vous pouvez bien sûr nous contacter à support@betterglobe.com.

.

Laisser un commentaire

Sans commentaire